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Le Chien jaune de Mongolie

(book in French)

by

Type
Studies
Subject
One Film
Keywords
Byambasuren Davaa
Publishing date
Publisher
Les Enfants de cinéma
Collection
Cahier de notes sur...
Language
French
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Physical desc.
Paperback • ? pages
7 ½ x 10 ¾ inches (19 x 27 cm)
ISBN
-
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Book Presentation:
Le Chien jaune de Mongolie s’accorde au rythme de la vie d’une famille de nomades des steppes mongoles. Sa lenteur, son caractère contemplatif, sa simplicité narrative traduisent la perception de ses personnages. Ce rythme pourrait constituer pour le spectateur occidental, habitué à des actions et des récits plus complexes, un premier dépaysement. Et c’est l’une des principales qualités de ce film que de prendre ainsi le temps de s’attacher à des choses simples plutôt que de gonfler artificiellement le drame. Nous verrons que les antagonismes (entre le père et la fille, entre les éleveurs et les loups) servent ici à ancrer un récit mais ne sont pas au centre, car tout s’avère finalement emporté dans un même mouvement, appartenir à un seul et même grand cycle. Il s’agit au bout du compte, au-delà des oppositions relatives, de révéler une certaine harmonie du monde. Dans cette analyse, nous prendrons donc en compte la dimension spirituelle du film, les références au bouddhisme sur lesquelles il se fonde. Bien sûr, pour y être sensible, il importe peu d’être bouddhiste ou non, de croire ou non en la réincarnation. Tout film, quel que soit son point de vue, propose un rapport au monde et l’important est que celui-ci produise une forme singulière qui le rende partageable.

Une harmonie à trois niveaux

« Pour moi, affirme Byambasuren Davaa, le film a trois niveaux. D’abord, l’histoire écrite par Gantuya Lhagva. Un enfant veut un chien et son père n’est pas d’accord. C’est le premier niveau. C’est un récit universel auquel tout le monde peut se rattacher. Ensuite, il y a un niveau spirituel autour de la fable du chien jaune. C’est une légende que j’ai apprise quand j’étais petite. Ma grand-mère me la racontait. Enfin, il y a un aspect documentaire. Le film montre des tranches de réalité, les changements d’une culture et la vie quotidienne des nomades. »

1er niveau. Le film se situe donc d’abord dans un contexte culturel très spécifique tout en tendant vers une forme d’universalité. La simplicité du récit permet à la réalisatrice (qui vit en Allemagne) de s’adresser au plus grand nombre, à son peuple comme aux spectateurs lointains que nous sommes, aux adultes aussi bien qu’aux enfants. Ceux-ci s’accrocheront d’abord au film à travers des éléments classiques du cinéma pour enfants, contenus dans le conte : un autre enfant auquel s’identifier, un désaccord avec des adultes, un animal auquel s’attacher.

2e niveau. La minceur de l’histoire laisse une grande place à l’aspect documentaire, aux gestes domestiques qui tempèrent la dramatisation pour nous rapprocher au plus près de la vie quotidienne de ces nomades. Ces gestes familiers pour les protagonistes nous paraissent très loin des nôtres, et en même temps ils renvoient à notre propre quotidien, à nos propres nécessités: se nourrir, s’habiller, travailler, construire sa maison, jouer… Ils nous montrent la valeur de ces choses essentielles pour ces hommes à la vie précaire. Il est d’ailleurs frappant de voir combien les parents ne cessent de travailler, même lorsqu’ils sont avec leurs enfants, presque chacune de leurs apparitions les montrant accomplir une tâche vitale pour la famille. De la préparation d’un repas au démontage d’une yourte, le film accompagne ces actions avec une précision ethnographique, tout en étant très sensible à leur beauté visuelle (voir par exemple la façon dont la réalisatrice filme les tissus ou la charpente de la yourte).

3e niveau. Le niveau le plus complexe est ce que Davaa appelle « le niveau spirituel ». Il est explicité dans le rêve de Nansa qui évoque la conception de la vie et de la mort selon les bouddhistes, le cycle des réincarnations. Cette dimension apparaît dès l’ouverture du film (le père expliquant à l’enfant que « Tout le monde décède, personne ne meurt ») et revient à plusieurs reprises (notamment dans le rêve de Nansa et dans la scène où les enfants regardent les nuages).

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