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La Tortue rouge

de

Type
Etudes
Sujet
Un Film
Mots Clés
Michael Dudok de Wit
Année d'édition
Editeur
Les Enfants de cinéma
Collection
Cahier de notes sur...
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Broché • ? pages
19 x 27 cm
ISBN
-
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Description de l'ouvrage :
L’homme sans passé

« La vague qui revint sur moi m’ensevelit tout d’un coup dans sa propre masse, à la profondeur de vingt ou trente pieds ; je me sentais emporté avec une violence et une rapidité extrêmes (…) Je retenais mon souffle et je nageais de toutes mes forces. Mais j’étais près d’étouffer, faute de respiration, quand je me sentis remonter, et quand, à mon grand soulagement, ma tête et mes mains percèrent au-dessus de l’eau. » (Daniel Defoe, Robinson Crusoé, Livre de poche, p. 85).

La puissante singularité de l’ouverture de La Tortue rouge réside dans le parti pris de démarrer le film de façon abrupte, sans contexte. Ce sont les éléments naturels (le vent, la pluie, les vagues) que l’on entend off, avant toute image, puis que l’on distingue ensuite sur l’écran. Après seulement apparaît une silhouette, perdue dans le décor, se débattant pour entrer – et nous faire entrer – dans la fiction. Cette fiction, on l’aura vite compris, s’appuie sur le motif classique du naufrage, motif abondamment revisité en littérature et au cinéma et que le cours du monde convoque malheureusement avec une triste régularité au gré de l’actualité…

Avec cette entame, le film de Michael Dudok de Wit se distingue de bien des histoires de naufragés en refusant à son personnage une origine sociale ou un passé.

Prenons, pour mesurer cet écart singulier, deux œuvres emblématiques du genre, séparées pourtant par près de trois siècles. Dans le Robinson Crusoé originel, Daniel Defoe racontait à la première personne l’histoire de son personnage depuis sa naissance (le naufrage n’arrivant dans le livre qu’au bout d’une cinquantaine de pages), tandis que dans Seul au monde, le cinéaste Robert Zemeckis s’attachait durant trois quarts d’heure à montrer qui était son Chuck Noland au nom prédestiné. À l’inverse, le naufragé de La Tortue rouge est un concept. Il ne parle pas, ne monologue pas, ne rédige pas de journal, ne s’invente pas de compagnie. Tout au plus rêve-t-il, oui, mais toujours de fuite (le rêve du pont), jamais d’un passé qui nous est tu, jamais de proches qu’il aurait pu aimer, avant. On ne sait d’ailleurs vraiment ni où ni quand se passe l’histoire (même si quelques indices – la barque qui est faite de bois, les musiciens apparaissant en rêve – suggèrent un passé aux contours abstraits), ce qui contribue à la dimension atemporelle et universelle du film.

Le film de naufragé – réduisant par sa nature même le nombre des protagonistes – induirait-il alors une forme de minimalisme narratif dont La Tortue rouge prendrait radicalement acte à travers cette ouverture épurée ?

Si Robert Zemeckis pouvait se permettre, dans Seul au monde, de filmer sans musique et dans une relative économie d’effets les années passées sur l’île déserte par son personnage, c’est aussi parce que son film ne se limitait pas à cela, le long épisode insulaire étant encadré par une première partie trépidante (qui se terminait sur une scène de crash aérien très spectaculaire) et par une troisième partie, dite du retour, aux beaux élans mélodramatiques. Sans doute aussi parce que Tom Hanks, alors au faîte de sa gloire, était son acteur principal.

A contrario, le personnage de La Tortue rouge ne se définit par rien d’autre que sa nature de naufragé. Il ne devient un personnage – pour lequel on va s’émouvoir, éprouver de l’empathie – qu’une fois échoué sur l’île.

L’île, ici, c’est donc la fiction. L’île, ici, c’est le lieu d’un retour à zéro (au sens d’une réinitialisation). Un commencement, en somme. « Seul, il aurait tout à faire, tout à redécouvrir, partant de rien, à son seul profit » (Tu imagines Robinson, Jean-Daniel Pollet, 1968).

Voir la fiche de La Tortue rouge (2016) sur le site IMDB ...

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