La Ruée vers l'or
Charles Chaplin (book in French)


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Book Presentation:
Le cinéma muet de Chaplin a aimé ces longs fondus au noir pour isoler scrupuleusement chaque séquence. Lorsque le cinéaste a décidé de sonoriser le film, de le raccourcir en supprimant les intertitres, commentant les situations de sa voix ou restituant les dialogues, il a conservé ces longues marques de ponctuation. L’étonnement premier devant le phénomène du cinéma et la réalité de la salle où sont projetées les images, avec cette séparation entre l’écran de lumière et l’obscurité qui l’entoure, a imprégné la matière des premiers films. A chaque début de séquence, pensée inconsciente du lieu où le film sera montré, chaque nouvelle image se doit de figurer et de rappeler la nuit dont elle est issue, et où elle va vivre, et qui ne cesse de l’accompagner dans ses bords. Le noir de la salle entoure l’écran tandis que du noir entoure.
Naturalisme burlesque
De tous les films de Chaplin, la Ruée vers l’or est celui dont on garde une idée de blancheur, en raison des vastes étendues de neige secouées par la tempête, associée à une sensation de froid. Parmi les nombreuses images de Charlot vagabond, celles où on le voit transi de froid, couvert de neige et protégé par une couverture, permettent d’identifier la Ruée vers l’or au sein de la continuité de son personnage. L’or convoité scintille imaginairement dans l’esprit de Big Jim, dans ses mains aussi, car on ne peut pas dire que Charlot soit un prospecteur acharné, mais son éclat n’irradie pas l’image ni ne suscite visuellement une quelconque brillance. Dès le début, suite au défilé de chercheurs d’or gravissant le col enneigé, on découvre Charlot à part, solitaire, marcheur tranquille, peu empressé, suivi d’un ours débonnaire. Il a bien une carte, rustique, car elle indique le nord, le sud, l’est et l’ouest mais, vierge de tout emplacement désigné, elle suggère qu’il n’y a rien à creuser, nul lieu où se fixer, mais juste à se déplacer dans une direction quelconque. Suite à la découverte de cette carte avec des propositions de directions dans un monde inexistant, non tracé, l’intelligence du montage de Chaplin fixe immédiatement deux directions possibles au personnage de Charlot. Soit la mort, avec la tombe du chercheur, qui est la première chose qu’il trouve sans l’avoir cherchée, sitôt la carte dépliée, et l’or trouvé par Big Jim, non loin de là, au même moment. Entre ces deux directions, qui débouchent sur deux actions similaires, à savoir creuser pour enterrer un cadavre ou creuser le sol pour en extraire de l’or, il reste au personnage de Charlot, pour éviter l’une (la mort) et avoir l’autre (l’or), de mettre le cap sur sa propre survie, pour lui-même (surmonter la faim) et contre les autres : les conflits et tensions entre chercheurs, aggravées par la convoitise de l’or. Toute cette première partie, dans la cabane, avec la faim à l’intérieur (la nourriture ou la mort), et le plateau enneigé (à l’extérieur l’or et la mort), évoque l’atmosphère des Rapaces de Stroheim, réalisé juste avant la Ruée à l’or, tournée en 1923 et sorti en décembre 1924. A la fin des Rapaces, deux hommes dans le désert, sous le soleil, se disputent l’argent, et ici, deux autres, Black Larson et Big Jim, se disputent une cargaison d’or dans la neige. Cette situation, où des hommes se battent pour leur propre survie et sont prêts à tout (le cannibalisme suggéré par les hallucinations de Big Jim) puis se disputent un trésor, caractérise le naturalisme du cinéma de Chaplin, où la nature humaine est guidée par le monde de besoin (la nourriture, avoir faim) et de l’envie : l’or, la richesse, la réussite par l’argent. Sauf qu’il s’agit d’un naturalisme burlesque, unique en son genre. Si Charlot semble préoccupé par sa propre survie (manger à sa faim), thème fréquent dans ses films, et guère préoccupé par l’or, il manque à ce naturalisme son moteur second (le sexe, le désir, la femme), objet de la seconde partie. Aux deux hommes, Black Larson et Big Jim, la quête de l’or, et à Charlot la « ruée vers la femme ». Dès ce plan large dans le saloon, où on voit longuement Charlot de dos au premier plan, observant la foule en train de danser, en amorce de la scène, on devine que, dans cette cavité humaine frénétique et surpeuplée, « sa mine » en quelque sorte, il va trouver sa pépite d’or, sous les traits de Georgia. Pas besoin de carte ni de boussole, le cap est vite trouvé. Au début du film, Charlot tombe sur un cadavre sous un monticule de terre couvert de neige puis, au village, se fait passer pour mort, allongé dans la neige, évanoui, bénéficiant ainsi d’un bon repas puis de la cabane du prospecteur qui lui en confie la garde avant de partir, lui aussi, chercher de l’or. Après la cabane trouvée, dans laquelle il se réfugie au début, il y a celle qu’il s’est choisie, futur nid de son idylle amoureuse, car peuplée de femmes (Georgia et ses amies), alors que la première était strictement masculine.
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