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« Le roi et l'oiseau »

de Paul Grimault

Couverture du livre Le roi et l'oiseau par Jean-Pierre Pagliano

Rakuten/PriceMinister

de Jean-Pierre Pagliano

Type
Etudes
Sujet
Un FilmLe Roi et l'Oiseau
Mots Clés
Paul Grimault
Année d'édition
2001 (épuisé ou diffusion restreinte)
Editeur
Les Enfants de cinéma
Collection
Cahier de notes sur...
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Broché • 32 pages • ? €
19 x 27 cm
ISBN
-
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Description de l'ouvrage :
Depuis un bon demi-siècle (la première version du film date de 1953), l’aventure de la bergère et du ramoneur traverse allègrement nos écrans et la mémoire de plusieurs générations de spectateurs. Des premiers croquis pour La Bergère tracés en1945 à la sortie du Roi et l’Oiseau en 1980, ce fut aussi pour Paul Grimault une longue aventure, qu’il résumait ainsi : « J’ai mis cinq ans pour le réaliser et trente pour trouver l’argent ! » Notre pays est le berceau du dessin animé. Pourtant – malgré une certaine embellie en ce début du XXIe siècle – on y réalise peu de longs métrages, et lorsqu’on en produit ils sont généralement animés à l’étranger pour des raisons économiques. Avec une légitime fierté, Jacques-Rémy Girerd pouvait présenter sa Prophétie des Grenouilles (2003) comme « le premier dessin animé de long métrage entièrement fabriqué en France depuis Le Roi et l’Oiseau ». À cet égard déjà, le film de Grimault et Prévert est une référence. Il l’est à bien d’autres titres – si j’ose dire, puisqu’il en a précisément changé, de titre, au cours de sa houleuse histoire. Bien avant que l’animation n’entre dans le champ plus large de la cinéphilie (elle cesse à peine d’être perçue comme un genre marginal), Le Roi et l’Oiseau avait déjà réussi cette percée. Seul dessin animé couronné par le Prix Louis-Delluc (en décembre1979), il est également le seul – avec Blanche-Neige et les Sept Nains – à figurer parmi les cent films préférés des Français (sondage-palmarès du Mondeet de la Fnac, octobre 1999). Son importance ne se limite pas à l’Hexagone. Tout autant que Le Petit Soldat (1947), Le Roi et l’Oiseau est considéré comme un des sommets de l’animation mondiale. Et l’on sait que l’influence de La Bergère et le Ramoneur a été décisive sur les maîtres japonais Takahata et Miyazaki : le dessin animé pouvait éveiller les consciences, marier réalisme et symbolisme, dégager une profonde émotion en faisant exister (et pas seulement bouger) les personnages sur l’écran. Juste retour des choses : ces qualités sont aujourd’hui reconnues par le public français dans Le Tombeau des lucioles ou dans Le Voyage de Chihiro. Au Japon, l’animation n’est pas un genre réservé à l’enfance. Elle souffre encore chez nous de ce préjugé terriblement restrictif, même si les goûts et les mentalités évoluent avec l’arrivée, notamment, des longs métrages nippons. Le Roi et l’Oiseau, plus nettement que La Bergère et le Ramoneur, s’était déjà affranchi de la barrière des âges. Ce classique se transmet de génération en génération, comme les poèmes et les chansons deJacques Prévert, qu’on découvre dans l’enfance et qui nous accompagnent toute la vie. Le dessin animé de Grimault peut d’ailleurs être abordé comme un film de Prévert. On y reconnaît des thèmes, des types, une invention verbale communs aux films écrits par le poète pour son frère Pierre, pour Grémillon, Renoir ou pour Marcel Carné. C’est surtout cette dernière association, étiquetée « réalisme poétique » dans les Histoires du cinéma, qu’évoquait André Bazin après la présentation de La Bergère et le Ramoneur au festival de Venise 1952 : « Il est troublant de constater par exemple la permanence d’un thème qu’on aurait pu croire inséparable du réalisme cinématographique, celui de la banlieue, et qui révèle ici sa véritable valeur métaphorique. À l’univers du roi méchant (…) s’opposent les quartiers souterrains où le soleil ne pénètre jamais mais où chante l’aveugle qui croit à la lumière. On pense à l’Aubervilliers du Jour se lève (…) et l’on comprend mieux quels symboles de la condition humaine Prévert poursuivait dans les cercles de l’enfer suburbain. »

Réalisme dans la fantaisie et raffinement dans la satire
Si judicieux que soit le commentaire d’André Bazin, il serait mal venu d’étendre à l’ensemble du film ce réalisme noir dont Prévert a effectivement été le chantre pour Carné. La collaboration avec Grimault prend d’autres couleurs. Alors que Carné illustre le versant nocturne de Prévert, Grimault incarne son versant solaire. Le poids du destin ne pèse pas chez Grimault, la fatalité – sociale ou métaphysique – lui est étrangère. La façon dont les deux amis s’approprient l’histoire d’Andersen est très révélatrice de leurs intentions. Dans le conte danois, la velléité émancipatrice des deux protagonistes tourne court : ils rejoignent bien vite leur coin de cheminée au lieu d’explorer « le vaste monde ». Chez Prévert et Grimault, au contraire, la résignation n’est pas de mise et l’évasion réussie des jeunes amoureux fera des émules, jusqu’à changer l’ordre du monde…

Voir le site internet de l'éditeur Les Enfants de cinéma

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