Contes chinois
Sous la direction de Christian Richard


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Description de l'ouvrage :
Excepté Les Têtards à la recherche de leur maman, le plus ancien des courts métrages sélectionnés (créés à l’origine expressément pour être montrés dans des salles de cinéma, même si leur diffusion en public a concerné principalement les grands festivals internationaux spécialisés dans l’animation, où ils ont d’ailleurs été très remarqués), toutes les œuvres présentées sont sans paroles, mais dotées de bandes son d’une très grande richesse et d’une belle inventivité musicale. Elles ont donc été conçues pour être accessibles/ressenties de manière universelle, par delà les systèmes linguistiques. À l’instar de Chaplin, Jacques Tati ou d’autres grands maîtres de l’animation (re)découverts ces dernières années au festival de films Pour éveiller les regards à Aubervilliers, comme Norman McLaren avec Jeux d’images en 1993, Tezuka Osamu avec La Légende de la forêt en 2002 ou dernièrement Paul Driessen avec Des histoires pas comme les autres en 2004, leurs auteurs vont à contre courant, sans violence, de l’attitude passive et pavlovienne du spectateur conditionné (on pourrait dire de manière ironique dès la vie intra-utérine !) par la présence systématique et objectivement rassurante d’un commentaire descriptif et redondant de l’image. Elles s’opposent donc à la pratique dominante de la réception de produits « audio-visuels » imposés aujourd’hui par la télé, dont les enfants sont abreuvés dès l’âge du biberon.
Ces courts métrages chinois sollicitent de la part du spectateur une concentration peu usitée, l’incitant sans retenue à faire fonctionner son imagination, lui offrant la liberté de construire ses propres histoires au gré de sa propre interprétation. Une attitude
« pédagogique » très saine, mais aussi peut-être très déroutante, à l’encontre de ce que vivent petits et grands aujourd’hui habitués à « zapper » sporadiquement l’image de leur téléviseur : on peut en effet facilement aller ouvrir une porte, faire la cuisine, la vaisselle, répondre au téléphone (sacré portable !), ou se soulager… Même si l’image du récepteur n’est plus présente quelques instants, le son, d’une pièce à l’autre, entretient le lien et continue de diffuser l’information basique qui permet de ne pas perdre le fil de « l’histoire » … Ce qui est hélas concevable pour un téléfilm ne peut pas s’appliquer à une œuvre cinématographique digne de ce label que l’on ne peut réduire, pas plus qu’un roman ni un poème, à un simple argument ou à la trame de l’histoire qu’elle raconte…
Aussi, le caractère inhabituel, déroutant (et devenu contrenature !) requérant une attitude active (et non plus passive, dépouillée de sa forme adjuvante inutile) doit être souligné lors des projections.
Pour preuve, à la fin d’une copieuse présentation du film de Chaplin Le Cirque, annoncé comme comique (drôle), mais sans paroles, cette question angoissée d’une petite de CE1 : « Monsieur, mais comment on va faire pour rire, s’ils ne parlent pas ? ». À l’issue de la projection, 1h10 plus tard, constat et explication évidente de la même, soulagée d’avoir bien ri : « Ben, y avait qu’à regarder ce qu’on voit… et puis d’écouter les musiques ! »…
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