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Road Movies

Fragments sur un genre introuvable

de

Type
Essais
Sujet
Mots Clés
sociologie, road-movie, philosophie
Année d'édition
Editeur
La Marelle
Collection
(hors collection)
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Ebook221 pages
ISBN
-
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Description de l'ouvrage :
Comment expliquer l’affection particulière des cinéphiles pour les films “de route” ? Qu’est-ce que comprendre un film ? Le concept de “road movie” a-t-il des limites claires ? Comment le cinéma agit-il sur nos vies, et sur notre perception du monde ? À partir de ces questions, Marc Rosmini propose une mosaïque de 227 textes brefs et incisifs. Dans ce labyrinthe riche en rencontres et en surprises, chaque lecteur pourra vagabonder et tracer librement sa propre route. Le livre est complété par 38 photographies de Bernard Plossu.
Cinéphile, Marc Rosmini est professeur de philosophie. Spécialiste d’art contemporain, il est curieux de tout et relie la philosophe aussi bien à la cuisine qu’au western. À Marseille, il fait partie du collectif “Les Philosophes Publics” qui intervient régulièrement dans l’espace public, en milieu carcéral, ou auprès de différentes structures sociales.

À propos de l'auteur :
Cinéphile, Marc Rosmini est professeur de philosophie. Sa curiosité éclectique l’a conduit à mettre en relation la réflexion philosophique avec des thèmes variés, allant de la cuisine au western en passant par l’art contemporain marseillais. À Marseille, il fait partie du collectif Les Philosophes Publics qui intervient régulièrement dans l’espace public, en milieu carcéral, ou auprès de différentes structures sociales.

Extrait :
36. Les réalisateurs de road movies ont souvent tiré parti du hasard des rencontres : les conditions de fabrication des films sont alors en totale osmose avec l’histoire qu’ils racontent. Car il n’est pas de voyage, ni de tournage, sans surprises. Les Gens de la pluie, de Francis Ford Coppola, a été tourné dans dix-huit États différents sans repérage préalable : cette absence de préparation a offert au réalisateur une marge d’improvisation. Le regard de Monte Hellman, un jour où il se promenait sur Sunset Boulevard, s’est arrêté sur une photo de James Taylor illustrant une affiche de concert. C’est alors qu’a germé l’idée de lui confier un rôle principal dans Macadam à deux voies. Dennis Hopper s’est lui aussi laissé guider par la fortune : les abrutis du café de Morganza, qui dans le film vont jusqu’à tuer celui qui ne leur ressemble pas, ne sont pas des acteurs. Hopper les avait trouvés dans ce bar, et leur avait juste demandé de lâcher la bride à leur parole, de décharger toute l’aversion que leur inspirait la bande de hippies qui débarquait chez eux – à savoir l’équipe du tournage. Lorsqu’on sait cela, on ne voit plus le film de la même façon, la frontière entre fiction et documentaire s’évanouissant comme un nuage de fumée. Comme l’a déclaré László Kovács, chef opérateur de Easy rider : "Ils adoraient haïr, c’était effrayant. Mais en même temps on voit de la vraie haine entrer dans le film."
Le voyage qu’on fait réellement n’est jamais celui qu’on avait prévu – sauf peut-être dans ces oxymores déprimants que sont les "voyages organisés". De même, le film que les spectateurs voient en salle n’est jamais exactement celui qu’avait prévu le réalisateur. De tous les arts, le cinéma est sans doute celui qui comporte le plus d’aléas. Conditions de financement, personnalité des acteurs et des techniciens, contingences météorologiques… La créativité du réalisateur louvoie dans un réseau serré de contraintes mouvantes. Certains cinéastes intègrent le hasard à leur travail, comme Monte Hellman : "Ce qui m’excite le plus dans un tournage, ce sont les surprises, tout ce qu’on n’a pas prévu. J’aime les accidents, tout ce qu’on n’a pas pu anticiper ; ça donne au projet une nouvelle direction."
Le road movie, par la dimension erratique et aléatoire de ses récits, pourrait donc être vu comme une métaphore de la création cinématographique.

37. Dans beaucoup de films de route, le véhicule ressemble au personnage – ou aux personnages – qu’il transporte. La Dodge Challenger de Kowalski est dopée comme lui. La Lancia Aurelia B24 de Bruno est comme son conducteur : frimeuse, et rafistolée. Alvin Straight est aussi lent et fragile que son étrange attelage. "Mammuth" peut aussi bien désigner Serge Pilardosse que sa moto. Le Combi Volkswagen des Hoover et le camion des Joad se désagrègent au même rythme que l’unité familiale, et David Mann finit le film aussi épuisé que sa Plymouth. Dans cette étrange osmose, qui déteint sur qui ?

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Edition précédente

Road movies:227 fragments sur un genre introuvable

(2012)

227 fragments sur un genre introuvable

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(ancienne édition)

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