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« Se souvenir et oublier »

Couverture du livre Se souvenir et oublier par Adriana Asti et René de Ceccatty

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de Adriana Asti et René de Ceccatty

Type
Entretiens et Interviews
Sujet
ActeurAdriana Asti
Mots Clés
Adriana Asti, actrice, entretiens, cinéma italien
Année d'édition
2011
Editeur
Portaparole
Collection
I venticinque
Première
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Broché • 72 pages • 12,68 €
11,5 x 19 cm
ISBN
978-88-89421-99-4
Appréciation
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Description de l'ouvrage :
Se souvenir et oublier Adriana Asti est une des plus grandes actrices italiennes. Elle s'est toujours sentie déplacée, inadaptée, une véritable incompétente, incapable de faire quoi que ce soit, et encore moins de jouer. Elle a toujours joué terriblement d'ailleurs, déclare-t-elle. Interrogée par René de Ceccatty, Adriana Asti se livre au lecteur comme à un ami de longue date, sans inhibitions, au fil de ses pensées et de ses souvenirs. Elle reconstruit son univers le plus intime, peuplé des personnalités extraordinaires qu'elle a côtoyées au cours de sa carrière. Elle le fait avec la naïveté, les excès et l'auto-ironie d'une véritable première dame, qui, en se dénigrant, ne fait que s élever. Drôle, plein de fausse légèreté, d'élégance et d'un goût exquis, ce livre est un plaisir à savourer délicatement, à lire et relire sans jamais en perdre le charme.

Revue de Presse :
« Quand j'ai joué Oh les beaux jours de Beckett, j'ai eu le sentiment que tout l'orchestre était plein de Winnie. Toutes pareilles à moi : même ma mère est une Winnie. D'ailleurs si j avais fait la mise en scène, j'aurais mis maman enterrée dans le parquet de son salon. Papa dans son fauteuil avec son journal. Maman qui parle et papa qui ne l'écoute pas vraiment, mais qui dit : Oui, c'est vrai, tu as raison. » --Livre

Extrait :
Jouer

Je voulais simplement partir de chez moi, quitter ma famille. Aller quelque part sans savoir encore où. Je ne savais pas que j'irais jusqu'à Rome pour cela. J'ai suivi une troupe de comédiens qui était de passage dans une ville de montagnes où j'étais en vacances. J'étais incapable d'être une actrice, mais je les ai suivis parce qu'ils me l'ont proposé. Mon unique but était de fuir ma famille.
Mon père, à qui le directeur de la troupe s'est adressé, a répondu :
- Mais c'est une incapable. Elle ne peut rien faire de ses dix doigts.
J'ai insisté tant et plus, alors mon père a dit :
- Vas-y.
Il était certain que je reviendrais, tant il était convaincu de mon incapacité totale, dans tous les domaines. Il avait parfaitement raison, mon père. J'étais incompétente. On m'a donné des petits rôles : l'esclave ivrogne dans le Miles gloriosus de Plaute. J'avais dix-huit ans et j'étais censée interpréter un quadragénaire. J'étais un page dans La Nuit des rois de Shakespeare. Je devais chanter, mais on me doublait en coulisses. C'était moi qui étais chargée de la mise, de placer les objets en scène avant le lever de rideau. Je mélangeais tout. Personne ne trouvait rien à sa place. Mais je ne manquais ni de sérieux, ni de bonne volonté. Pour un rôle minuscule, je me maquillais des heures avant de paraître sur scène. C'était là ce qui comptait. Ce sont les théâtres vides qui me plaisaient. Je restais là, avant tout le monde, quand on ne jouait pas. La scène déserte, les coulisses, les fauteuils de l'orchestre dans le noir. Le spectacle lui-même ne m'intéressait pas du tout, puisque je n'avais pas le moindre talent. Néanmoins, j'attendais ma chance, comme dans All About Eve. J'espérais que la protagoniste tombe malade, pour la remplacer. Mes parents étaient horrifiés, quand ils ont appris que j'allais enfin avoir un rôle important. Parce que c'est ce qui a fini par se produire. Le journaliste Enzo Biagi avait écrit une pièce pour une actrice alors célèbre et âgée, Andreina Pagnani. Chose incroyable, on m'a proposé le rôle. Je l'ai joué à Milan au théâtre Olimpia. Giorgio Strehler m'a vue et m'a engagée au Piccolo. Il ne faut pas croire que les problèmes essentiels aient été résolus, puisque même au Piccolo, je me demandais : «Est-ce que je dois continuer à jouer sur la scène, puisque je n'ai rien d'une actrice ?».
Je suis allée voir mon père et je lui ai dit :
- Tu avais raison, je ne suis pas une comédienne, je vais arrêter.
Mon père était ravi, le directeur, Paolo Grassi, beaucoup moins, parce que j'avais signé un contrat. Et pour un contrat, je suis restée actrice. Mais au bout d'un an, la situation s'est encore aggravée : la Prima Donna, la principale comédienne de la troupe, Lilla Brignone, a quitté le Piccolo et m'a demandé de la suivre pour lui donner la réplique. Lilla Brignone était une dame toute en fourrure, qui scintillait de toutes les lumières qu'avaient alors les Prime Donne. Quand Strehler avait monté Elisabetta d'Inghilterra de Ferdinand Bruckner, il avait reconstitué la cour d'Angleterre et la cour d'Espagne sur la scène. Et, à un certain moment, les deux cours se croisent. Les Espagnols, quand ils voyaient la Brignone, faisaient la révérence.
Et Strehler hurlait :
- Idiots ! Vous êtes espagnols, vous êtes en Espagne ! Vous ne voyez pas Elisabeth, vous devez l'ignorer ! Arrêtez-moi ça !

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