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« Robert Guédiguian, cinéaste »

Couverture du livre Robert Guédiguian, cinéaste par Christophe Kantcheff

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de Christophe Kantcheff

Type
Biographies
Sujet
RéalisateurRobert Guédiguian
Mots Clés
Robert Guédiguian, biographie
Année d'édition
2013
Editeur
Chêne
Collection
Arts et spectacle
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Relié • 320 pages • 35,00 €
20 x 25,5 cm
ISBN
978-2-8123-0765-2
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Description de l'ouvrage :
Le cinéaste de l'Estaque a tourné dans son quartier natal, à Marseille, 15 des 17 films qui composent sa filmographie, de Marius et Jeannette aux Neiges du Kilimandjaro, son dernier film en date. À partir de ce petit territoire au passé ouvrier, c'est tout un univers que le cinéma de Robert Guédiguian a créé. Le rêve que ses histoires racontent et dont ses personnages témoignent est fait de solidarités, d'amitiés, d'amour et de fraternité, ce qui constitue l'une des oeuvres les plus politiques et les plus populaires qui soient.Ce livre est une traversée thématique, géographique et critique du cinéma de Robert Guédiguian, avec, notamment, la participation de ses trois acteurs principaux, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan, et la présence de photos originales, signées Jérôme Cabanel, du Marseille d'aujourd'hui sur le site des différents lieux de tournage.

Revue de Presse :
Depuis plus de trente ans, Robert Guédiguian souffle sur les braises... Pour le comprendre mieux et l'apprécier plus encore, le livre de Christophe Kantcheff était nécessaire : en remontant pas à pas les chemins sur lesquels l'homme a bâti sa vie... Pour dévoiler certains mystères sans que pourtant ils se dissipent, il fallait ce livre magnifique consacré à l'auteur de «A la vie, à la mort !». L'iconographie et la mise en page somptueuses associent documents personnels, photogrammes, photos de tournage... C'est ainsi qu'il réussit notamment à associer, sans qu'ils se contrarient jamais, le récit, la biographie et l'analyse. L'exercice est de haute volée, et il fallait bien cela pour prétendre approcher la complexité cachée d'un art qui érige en principe sacré l'obligation de simplicité, et dont les fulgurances prennent la forme et la force d'évidences. (Pascal Mérigeau - Le Nouvel Observateur du 27 juin 2013)

Extrait :
UN CINÉASTE DE QUARTIER

Robert Guédiguian, «cinéaste de l'Estaque». L'expression, accolée au nom du réalisateur, est devenue plus que familière : une évidence. Elle pourrait figurer sur sa carte d'identité à la rubrique «signe particulier». Mais comme toutes les évidences, il est nécessaire de l'interroger, d'examiner ce qu'elle recouvre. «Cinéaste de l'Estaque», la signification est double : d'une part, Robert Guédiguian est issu de ce quartier excentré de Marseille, situé tout au bout des quais portuaires de la ville, au nord-ouest ; d'autre part, l'Estaque est au centre de son cinéma, c'est le lieu où il tourne, il en est devenu le filmeur ou le peintre, après d'illustres prédécesseurs, comme Braque et Cézanne.
Rien de cela n'est faux, même si on mesure les risques de faire correspondre, comme dans une équation sans inconnue, un homme, cinéaste qui plus est, à un bout de territoire. Guédiguian, cinéaste de l'Estaque ? Cinéaste marseillais ? Il y a presque là-dedans une assignation mentale à résidence, une identité posée une fois pour toute, qui enferme et rassure. Avec condescendance, on convient que l'emblème ou le porte-parole, malgré toute la considération que mérite ce rôle, n'a pas la liberté suffisante pour accéder à l'universel. Danger de réduction d'un univers artistique au pittoresque, au même titre que d'autres catégorisations, comme celle qui désigne Robert Guédiguian comme «le cinéaste de la classe ouvrière».
Et pourtant, n est possible de reprendre l'expression - «cinéaste de l'Estaque» -, et d'en renverser les significations trop vite admises. Car cette expression-là, à bien la considérer, n'emmène ni sur un chemin étriqué, ni vers un horizon étroit. N'en déplaise aux tenants de la souche et de l'«origine contrôlée», elle ne chante pas les valeurs du terroir, au demeurant toujours introuvables. Elle est au contraire synonyme d'ouverture, de pluralité et de complexité. Ce livre se propose d'en donner quelques indices. Mais s'il en fallait d'ores et déjà une preuve, une seule, la plus simple réside dans le fait même de se revendiquer de l'Estaque. Il s'agit là, incontestablement, de reconnaître son appartenance à un quartier de Marseille, celui dont on est issu. C'est une première identité, mais elle est loin d'être exclusive. Car le jacobinisme obtus, où il n'est d'autre possible que de se réclamer Français, n'a pas sa place ici. L'être estaquéen est plus proche de la manière d'être Arabe. Être Arabe, c'est se vivre comme une somme d'identités indissociables et complémentaires (le village ou le quartier, la ville, la région, la terre, la religion, le rite, la langue, ses variétés dialectales...), où le local dialogue avec le global, l'individu avec le collectif, le matériel avec le spirituel. Ces quelques mots, tout en dialectique, dressent d'ores et déjà un portrait de Robert Guédiguian et de son cinéma.
Dans Le Voyage en Arménie, Anna (Ariane Ascaride), cardiologue marseillaise et communiste, une fois celle-ci arrivée dans le pays de son père, Barsam (Marcel Blüwal), est l'objet d'une douce pression afin qu'elle reconnaisse l'évidence de son identité arménienne. Elle-même cède par intermittence à cet appel amical. Elle cherche sur son visage ce qui rappelle la morphologie des femmes de ce pays. Mais Anna reste lucide sur la part arménienne qui est en elle. Son arménité s'ajoute à ses autres identités, sans prendre le pas sur aucune d'entre elles. «Tu sais que dans une vie, on peut avoir plus d'un pays, plus d'un ami, plus d'une famille», dit Barsam à Anna.
Ce «voyage en Arménie» n'est donc pas pour Anna un retour vers des origines soudain révélatrices et autoritaires, mais un voyage vers ce qui contribue à la constituer au présent, et ce avec quoi elle peut composer, imaginer, inventer. La potentialité d'un enrichissement, pas une vision à angle obtus qui ramène tout, la pensée, les actes à accomplir, à l'aune d'une seule identité et où l'origine revendiquée (d'autant plus haut et fort qu'elle l'est de fraîche date) détermine le reste. Dans Figures du Palestinien, sous-titré «Identité des origines, identité de devenir», Elias Sanbar, aujourd'hui ambassadeur de la Palestine auprès de l'Unesco, a magnifiquement exprimé cette conception de l'identité, qui rejoint celle de Robert Guédiguian : «[...] confondue à tort avec la définition des origines, l'identité relève en réalité du devenir, [...] l'inquiétude identitaire n'advient que lorsque, individus ou groupes, nous nous trouvons confrontés à ce qui nous attend. Loin d'être originelles, nos racines sont devant nous».

(...)

Voir le site internet de l'éditeur Chêne

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