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« Théo Angelopoulos »

Au fil du temps

Couverture du livre Théo Angelopoulos par Sylvie Rollet

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de Sylvie Rollet

Type
Etudes
Sujet
RéalisateurTheo Angelopoulos
Mots Clés
Theo Angelopoulos, réalisateur, Grèce, filmographie, analyse
Année d'édition
2007
Editeur
Presses Sorbonne Nouvelle
Collection
Théorème
n°9
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Broché • 189 pages • 23,00 €
19 x 22,5 cm
ISBN
978-2-87854-372-8
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Description de l'ouvrage :
Théo Angelopoulos occupe une place unique dans le panorama cinématographique contemporain. Entre dictatures, guerre civile et exils à répétition subis par le peuple grec, jusqu'aux conflits récents qui ont embrasé les Balkans, c'est toute l'histoire européenne du XXe siècle qui constitue la matière de ses récits, toujours situés du côté des «vaincus de l'Histoire». Mais cette conscience aiguë de l'historicité, qui transparaît d'un bout à l'autre de son oeuvre, s'appuie sur une intime conviction : l'expé­rience esthétique que nous fait vivre un film participe à la construction d'un espace commun, un monde partagé où s'éla­borent des liens entre histoire, mémoire et utopie. Ces trois fils conducteurs ordonnent la composition de l'ou­vrage qui tisse un réseau serré de correspondances et d'échos entre des analyses relevant d'approches et de champs discipli­naires divers. Les douze études réunies ici contribuent à montrer comment la vision historique proposée par les films de Théo Angelopoulos est indissociable de la présence souterraine de la culture antique - mythe, épopée et tragédie - qui hante ses fictions contemporaines en faisant du récit un tissu complexe de citations et d'allusions. Sylvie Rollet, maître de conférences à l'université Sorbonne nouvelle - Paris 3, a publié de nombreux travaux sur les cinémas contemporains balkanique, caucasien et russe. Ses recherches portent en particulier sur la relation entre mémoire des cata­strophes de l'histoire et poétique des films.

Extrait :
Sylvie Rollet
Au fil du temps

Les douze longs-métrages réalisés par Théo Angelopoulos entre 1970 et 2004 portent tous la marque d'un «auteur», tant sur le plan esthétique, que thématique - son oeuvre affichant une dimension historico-critique essentielle. Or, bien que la plupart de ses films aient été salués par la critique internationale, peu d'ouvrages lui ont été consacrés en France. Ce volume de la collection Théorème tente modestement, en rassemblant les contributions de chercheurs européens et américains, de réparer cet «oubli».

Un cinéaste de la modernité

Le cinéma d'Angelopoulos relève fondamentalement de la «modernité», à la fois parce que s'y affirme une conscience de l'historicité comme horizon indépassable et parce que l'expérience esthétique y devient le modèle de l'expérience partagée d'un «monde commun». Des dictatures, occupations, guerre civile et exils à répétition subis par le peuple grec depuis le début du siècle, jusqu'aux conflits récents qui ont embrasé les Balkans, c'est en effet toute l'histoire européenne du XXe siècle qui constitue la matière de ses fictions.
Depuis toujours, les récits d'Angelopoulos se placent du côté des «vaincus de l'Histoire», pour parler comme Benjamin, c'est-à-dire de ceux dont l'histoire est essentiellement discon­tinue. Si l'on peut, toutefois, distinguer nettement deux périodes dans l'oeuvre du cinéaste, c'est non seulement parce qu'aux grandes fresques épiques des années soixante-dix succèdent des films centrés sur la quête existentielle d'un personnage, mais surtout parce que ces derniers proposent une vision et une écriture de l'histoire toutes différentes.
C'est avec Alexandre le Grand, dont la réalisation en 1980 coïncide avec l'arrivée des socia­listes au pouvoir en Grèce, que s'amorce un tournant dans l'oeuvre du cinéaste. En faisant de l'anachronisme le principe fondateur du récit, le film inscrit l'avortement des utopies révolution­naires non à la fin du xxe siècle, mais à son commencement. Avec Voyage à Cythère, en 1984, s'ouvre donc une nouvelle période, où les récits seront dominés par la figure de l'exil, aussi existentiel que politique.
La quête des personnages, du Regard d'Ulysse à l'Eternité et un jour, en passant par l'Apiculteur, semble désormais obéir moins à une logique spatiale qu'à une topographie imagi­naire : celle de la mémoire. Le déplacement s'impose aux protagonistes parce qu'ils sont comme étrangers au monde qui les entoure, en attente d'un improbable «ailleurs», comme les réfugiés du Pas suspendu de la cigogne. Les films de la seconde période, en conférant à la figure de l'exilé, du proscrit ou de l'apatride une place centrale, rencontrent donc la figure paradigmatique de l'histoire du XXe siècle.
En ce sens, Angelopoulos est bien un cinéaste de la «modernité» ou, plus exactement, de la «méta-modernité», si l'on définit celle-ci comme la conscience «d'être dans l'histoire», par-delà la faillite des grands récits progressistes, fondés sur la croyance dans un processus historique menant inéluctablement à l'émancipation. La conscience de la catastrophe - et d'une catastrophe continuée, indépassable - ne constitue pas, en effet, une sortie «hors de l'histoire», mais un certain état de la conscience historique contemporaine. Les récits de la seconde période relèveraient, en ce sens, d'une autre modalité d'écriture de l'histoire, prenant en compte ce que Ricoeur nomme «l'inscrutabilité du temps».

Voir le site internet de l'éditeur Presses Sorbonne Nouvelle

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