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« Le Fils du chiffonnier »

Couverture du livre Le Fils du chiffonnier par Kirk Douglas

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PriceMinister

de Kirk Douglas

Type
Autobiographies
Sujet
ActeurKirk Douglas
Mots Clés
Kirk Douglas, autobiographie, acteur
Année d'édition
2013
Editeur
Archipoche
Collection
(hors collection)
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Poche • 640 pages • 9,65 €
11 x 21 cm
ISBN
978-2-35287-455-3
Appréciation
4 étoiles (3 votes)

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Votre appréciation :

Description de l'ouvrage :
Cette autobiographie retrace la jeunesse de l'acteur américain et son ascension hollywoodienne. Né Issur Danielovitch Demsky en 1916 à Amsterdam, fils d'un immigrant illettré exerçant le métier de chiffonnier, il se battra pour entrer à l'université, avant de faire ses débuts au théâtre puis au cinéma. Incarnant les plus grands rôles à l'écran (Van Gogh, Spartacus, le colonel Dax), il raconte ses combats avec les prestigieux studios d'Hollywood, ses espoirs, ses désillusions, ses amours (Joan Crawford, Marlene Dietrich, Rita Hayworth... et ses amitiés (Burt Lancaster, Frank Sinatra, John Wayne...), mais aussi sa relation houleuse avec Stanley Kubrick, la période sombre du maccarthysme et ses contradictions politiques. Première édition : Presses de la Renaissance, 1989.

Quatrième de couverture :
Les Mémoires de vedettes américaines sont le plus souvent des produits finis, adaptés au public et passés à la moulinette des services de publicité. Ce livre détonne par sa sincérité, son ton de liberté, et l'absence - rare - de tout snobisme. Le générique compte tout ce qu'il faut de célébrités, du " show-bizz " à la politique, et contient le pourcentage inévitable d'allusions et d'indiscrétions ; mais il renferme quelque chose de différent : sous la " success-story " aux couleurs vives d'Hollywood, l'histoire grise d'un petit juif devenu grand qui ne comprend pas pourquoi le monde est si dur... (Gilles Lambert, Le Figaro) Le fils du chiffonnier illettré - russe et juif de surcroît - qui a tenu dans ses bras les plus belles femmes d'Hollywood, Joan Crawford, Rita Hayworth, Marlène Dietrich, et pas seulement au cinéma, se fait tendre pour ses conquêtes, ironique pour ses détracteurs, acide pour la vie frelatée des vedettes. Mais jamais, celui qui fut Van Gogh, Spartacus et le colonel Dax n'oublie qu'il fut d'abord Issur Danielovitch Demsky, sorti à coups de volonté, de travail et de chance de la misère. (Claire Méheust, Marie-Claire)

Extrait :
46 Eagle Street

«Rien», cela voulait dire être le fils d'un immigrant juif de Russie, illettré, dans la ville WASP d'Amsterdam, État de New York, à 55 kilomètres au nord-ouest d'Albany. Cela voulait dire vivre dans l'East End, de l'autre côté de la ville, loin de Market Hill où vivaient les riches. «Rien», cela voulait dire vivre au 46 Eagle Street, une minuscule maison en planches grises, de deux étages, la dernière maison d'une rue en pente, près des usines, des voies de chemin de fer et de la Mohawk.
Mon père, Herschel Danielovitch, était né à Moscou vers 1884, et il avait fui la Russie vers 1908 pour ne pas partir à la guerre contre le Japon. À cette époque, lorsque les paysans ignorants comme mon père étaient enrôlés, on leur attachait du foin sur une manche et de la paille sur l'autre, pour leur apprendre à distinguer leur main droite de leur main gauche. Ma mère, Bryna Sanglel, issue d'une famille de paysans ukrainiens, demeura en Russie et travailla dans une boulangerie pour économiser de l'argent. Au bout de deux ans, elle put rejoindre mon père en Amérique. Elle voulait que ses enfants voient le jour dans ce pays merveilleux où les rues étaient pavées d'or (ce sont ses propres mots !).
À présent, l'île d'Ellis a été transformée en musée, mais entre 1892 et 1924, c'est là que débarquèrent plus de seize millions d'émigrants. Entassés dans des entreponts dans une effroyable odeur de vomissures, ils contemplaient en silence, les yeux écarquillés, la statue de «La Liberté éclairant le monde», sur l'île voisine de Bedloes.
«Donnez-moi vos pauvres, vos épuisés, vos masses agglutinées qui cherchent à respirer librement.» Quels mots admirables, mais les émigrants, Polonais, Italiens, juifs russes, étaient parqués comme du bétail, grossièrement traités par des fonctionnaires, contraints d'arborer, épinglées à leurs vêtements, des cartes portant leurs noms, ou du moins le nom qu'avait compris un quelconque employé. Il fallait avoir des papiers en règle, passer des visites médicales. Mais quelque dur que fût l'accueil, ceux-là avaient encore de la chance. Tout valait mieux que ce qu'ils avaient quitté. Ils abordaient l'Amérique avec espoir, détermination, et un peu de peur. On n'en renvoya que deux cent cinquante mille. Trois mille préférèrent se suicider en Amérique plutôt que de retourner vivre dans le pays qu'ils avaient fui.
Mon père et ma mère faisaient partie de ceux qui avaient de la chance : ils fuyaient la Russie des pogroms, les jeunes Cosaques excités par la vodka, qui s'amusaient à fendre le crâne des juifs dans les rues des ghettos, au grand galop de leurs chevaux. L'un des frères de ma mère fut ainsi tué dans la rue, sous ses yeux.
Mon père avait appris le métier de tailleur, mais ses mains étaient si grandes et si épaisses qu'il ne pouvait manier l'aiguille avec délicatesse. Alors on lui liait le pouce et l'index pendant toute sa journée de travail. Il faisait froid en Russie, en hiver, et il n'avait pas de chaussures, seulement de la toile à sac pour envelopper ses pieds. Il sautait d'un pied sur l'autre, frottant le pied contre la jambe pour se réchauffer.

Voir le site internet de l'éditeur Archipoche

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