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« L'incident »

Couverture du livre L'incident par Christian Gailly

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de Christian Gailly

Type
Roman adapté
Sujet
Un FilmLes Herbes folles
Mots Clés
Alain Resnais, roman adapté
Année d'édition
2009
Editeur
Editions de Minuit
Collection
(hors collection)
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Broché • 253 pages • 7,90 €
11 x 18 cm
Egalement disponible en format eBook.
ISBN
978-2-7073-2069-8
Appréciation
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Description de l'ouvrage :
Elle n'avait pas prévu qu'on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s'il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser. Tout pilote connaît la consigne : après chaque vol, il faut remplir le livre de bord. Remplir le livre de bord, telle est donc, en bonne logique, la dernière phrase d'un roman qu'on découvre étonnamment semblable à un numéro de voltige aérienne, avec préparation au sol, envol, figures et atterrissage en finesse. Un art de l'arabesque que Christian Gailly cultive avec une virtuosité croissante. Cela commence par un sac à main arraché près de la place Vendôme, un jour de canicule. Un... vol inaugural, en quelque sorte. On apprend ultérieurement l'identité de la victime : Marguerite Muir, quarante ans. Un peu plus tard encore, on découvre celle-ci dentiste. On sait aussi qu'elle possède un brevet de pilote, depuis que Georges Palet, cinquante-huit ans, a retrouvé ses papiers, jetés sur le parking de l'hypermarché Continent, à L'Hayles-Roses, Val de Marne. Autre information : celui qui raconte est un familier de Marguerite et pratique lui-même le pilotage. Mais sur ce chapitre, on n'en saura jamais davantage. On nous révèle incidemment que Georges Palet se trouve assigné à résidence et privé de droits civiques. Des histoires avec des femmes. Peut-être même un meurtre. Autre détail, qui ne sera dévoilé qu'à l'approche de la fin, la vedette masculine du roman de Christian Gailly se passionne pour les avions de combat et ne rate aucun film de guerre... Jean-Claude Lebrun

Biographie de l'auteur :
Christian Gailly est né en 1943. Il a obtenu le prix du Livre Inter en 2002 pour Un soir au club (" double " n° 29). L'Incident vient d'être adapté au cinéma par Alain Resnais sous le titre Les Herbes folles. Son prochain roman, Lily et Braise sortira en janvier 2010.

Extrait :
Entretien avec Alain Resnais

Comment avez-vous choisi de porter à l’écran le roman de Christian Gailly L’Incident ?

Le producteur Jean-Louis Livi m’avait demandé de tourner un film pour lui. Au départ, il était convenu que ce serait l’adaptation d’une pièce de théâtre. J’avais déjà lu une trentaine de pièces quand je suis tombé par hasard sur un roman de Christian Gailly, un écrivain dont la voix charmeuse, ironique et mélancolique m’avait frappé dans une émission d’Alain Veinstein sur France Culture. J’ai été séduit par ce roman au point d’en lire immédiatement un autre et de téléphoner le lendemain à Jean-Louis Livi pour lui dire : « Ce son, cette blue note que nous cherchons depuis des semaines, je viens peut-être de la trouver. » L’écriture de Gailly est si musicale que je me suis aperçu que, si je parlais à quelqu’un après avoir terminé un de ses livres, je me mettais à m’exprimer comme ses personnages. Ses dialogues sont comme des solos ou des numéros de duettistes qui n’attendent que des comédiens pour les dire. Irène Lindon, la directrice des Éditions de Minuit qui ont publié les treize livres de Gailly, nous a appris que les droits cinématographiques de douze d’entre eux étaient disponibles. J’ai donc demandé à rencontrer Gailly. Il m’a donné toute liberté pour le choix du livre que je tournerais, puisque je n’en avais encore lu que quatre, mais il s’est montré inquiet à l’idée que le film bouleverse son emploi du temps car il tenait à consacrer toutes ses forces au roman qu’il était en train d’écrire. Je lui ai donc timidement proposé de ne jamais le déranger, de ne lui demander ni des scènes supplémentaires ni son avis sur l’adaptation ou le choix des comédiens, et de ne lui montrer le film que sous la forme d’une copie standard qu’il approuverait ou non. J’ai vu alors un grand sourire apparaître sur son visage. Les jours suivants, j’ai lu les romans qu’il me restait à découvrir, et j’ai proposé à Jean-Louis Livi de porter à l’écran L’Incident, auquel il avait déjà pensé de son côté. Ce livre était plus cher que d’autres à filmer, mais Livi, avec l’aide de la productrice exécutive Julie Salvador, a considéré que nous pouvions tenter l’aventure

Qu’est-ce qui vous séduisait particulièrement dans L’Incident ?

J’y ai senti un côté syncopé, comme improvisé, un art de la variation sur des « standards », au sens musical du terme. J’ai aussi été marqué par l’entêtement de Georges Palet et Marguerite Muir, les protagonistes, qui sont incapables de résister à l’envie d’accomplir des actions irrationnelles, qui déploient une vitalité incroyable dans ce que l’on peut considérer comme une course à l’erreur. L’Incident parle du « désir de désir » (la formule est de Livi), ce désir qui naît chez Georges à partir de rien, avant même qu’il ait rencontré Marguerite ou qu’il lui ait parlé au téléphone, puis qui s’alimente de lui-même

Pourquoi avez-vous donné pour titre au film Les Herbes folles ?

Cela me semblait correspondre à ces personnages qui suivent des pulsions totalement déraisonnables, comme ces graines qui profitent d’une fente dans l’asphalte en ville ou dans un mur de pierre à la campagne pour pousser là où on ne les attend pas.



Vous êtes resté fidèle au dialogue du roman.

Oui, bien sûr, puisque c’est ce dialogue qui m’attirait. De toute façon, Gailly nous a servi de référence du début à la fin, c’était notre diapason pour essayer de garder le ton juste. Que ce soit André Dussollier, Sabine Azéma, Anne Consigny, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric ou Michel Vuillermoz, les comédiens (j’aimerais les citer tous) ont lu avec passion plusieurs de ses livres et cela a stimulé leur créativité. Pour moi, c’était le bonheur ! Le même phénomène s’est produit avec les techniciens. Quand nous devions trouver une solution à un problème donné, c’était l’ensemble de l’œuvre de Gailly qui nous l’inspirait. Au tournage, nous avons cherché des équivalences au style de Gailly, à cette façon d’interrompre une phrase en plein milieu par un point, aux fluctuations du narrateur interprété par Edouard Baer qui se reprend ou se corrige, sans oublier les contradictions flagrantes des personnages et de leurs pulsions successives. Gailly met souvent l’affirmation et la négation dans la même phrase, donc en écrivant l’adaptation avec Laurent Herbiet, nous avons tenté de concevoir un découpage technique qui se rapproche de cette dualité, qui fasse coexister le oui et le non dans les collures et dans le jeu des acteurs. Tous ces choix se sont faits naturellement, avec entrain, et sans plan préconçu puisque je tourne pour voir comment ça va tourner. Le décorateur Jacques Saulnier et le chef opérateur Éric Gautier, qui étaient là dès le premier jour, ont travaillé dans la même direction. Dans un décor, il y a une touche de couleur, elle est arrêtée là, comme un coup de pinceau, on passe à une autre couleur. Gautier n’a pas hésité à utiliser la couleur sans mélanger les teintes. Les couleurs se succèdent, sans transition, elles ne se fondent pas. Et le compositeur Mark Snow a cherché des effets de rupture, de syncope, en employant des styles musicaux très différents d’une scène à l’autre. Lorsqu’on a un guide comme Gailly, il suffit de se laisser porter.

Extraits d’un entretien avec François Thomas.

Voir le site internet de l'éditeur Editions de Minuit

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