Petites Z'escapades
Sous la direction de Marie Diagne


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Description de l'ouvrage :
Sujets (films) :
- L'Eléphant et la baleine - Jacques-Rémy Girerd - 1986
- Petite escapade - Pierre-Luc Granjon - 2001
- Le Trop petit prince - Zoïa Trofimova - 2001
- Au bout du monde - Konstantin Bronzit - 1999
Description de l'ouvrage :
Mon Âne est une série de vingt-six films courts, chacun d’environ deux minutes trente, réalisés en deux parties. Le programme des Petites Z’escapades propose un épisode de chacune d’entre elles. Ainsi Meunier, tu dors appartient-il à la première et Jean de la lune à la seconde. Cette série s’inscrit dans une certaine tradition du film d’animation : des chansons populaires, transmises de manière essentiellement orales, y sont mises en scène et leur texte apparaît dans le bas de l’écran, défilant au rythme de la voix qui les entonne. Co-produits et diffusés par la télévision, ces vingt-six films n’en gardent pas moins des partis pris de réalisation, revendiqués comme tels. Ainsi, la présence de l’âne et le choix d’un décor qui, de la première partie de la série à la seconde, affirme son aspect plat et fermé, fonctionnant tel que dans un théâtre de marionnettes. Ainsi également, la présence du texte des chansons. Pascal Le Nôtre crée un personnage intermédiaire entre la chanson et le spectateur, l’âne. Cette intervention d’un personnage étranger au récit initial des chansons pose évidemment un réel problème qui, tel qu’il est résolu par le réalisateur, nous informe du principe de sa mise en scène. « Souvent, dans une classe, le personnage le plus fort, affectivement, c’est le cancre. Je suis bien sûr influencé par Jacques Prévert … Le cancre, c’est celui qui se met un peu à part, qui a souvent une relation privilégiée avec l’enseignant, et extrêmement privilégiée avec le groupe. De ce fait, c’est un personnage à quatre vingt dix pour cent sympathique, qui entraîne immédiatement une certaine adhésion. Lorsque je me suis lancé dans cette aventure de chansons, je me suis confronté à des univers certes extraordinaires, mais très divers. Il fallait trouver une certaine unité. J’ai choisi un âne, qui n’est pas un personnage très utilisé, ou alors pour s’en moquer, parce que c’est un animal qui ne comprend rien, qui fait beaucoup de bruit, qui est têtu, obstiné … Bref : l’âne a vraiment toutes les caractéristiques de l’antihéros ! Et il ne chante pas. Dans toutes les histoires, sauf une où il chante deux ou trois mots, ce qui lui vaut d’ailleurs d’être assommé parce qu’il chante faux, cet âne reste parfaitement ”à côté de la plaque”, c’est-à-dire à côté de l’histoire. Il a, me semble-t-il, ce comportement révélateur des enfants de deux ou trois ans d’être attentif à tout ce qui se passe,et plus particulièrement à certains détails. J’ai toujours pensé, peut-être à tort, que les enfants aiment qu’on leur raconte plusieurs fois la même histoire pour qu’ils puissent, dans chaque finesse du texte, en saisir un détail et le déguster pendant qu’on poursuit le récit. La fonction de l’âne est donc celle-ci : se saisir de prétextes à l’intérieur de la chanson pour pouvoir s’amuser avec et perdre son temps ; faire tout à fait autre chose que l’action qui continue de se dérouler.» Ainsi, ce sont des détails des différentes actions accomplies par l’âne qui le lient au récit principal de la chanson. Dans Jean de la lune, une fois que l’âne a perdu de vue le petit être de chêne, deux récits se déroulent alors de manière parallèle et sont montés comme tels, jusqu’à la gaffe finale de l’âne. Systématiquement, un élément de la chanson engendre la séquence suivante mettant en scène l’âne : par exemple, c’est le même champignon qui est salué par le petit être puis arraché et croqué par l’âne. Par exemple encore, ce sont les mirlitons des merles et des bouvreuils, nommés dans le texte de la chanson, qui permettent d’enchaîner sur l’âne finissant de tailler une flûte dans une branche d’arbre.
La jointure du récit mettant en scène l’âne avec celui de Meunier, tu dors est plus déroutante : certes, l’âne tente en vain de réveiller le meunier mais parallèlement, il fabrique des crêpes. Pourtant, une fois compris en quoi consiste ce lien qui unit ces deux récits, on saisit le double objectif pédagogique de cette série : certes il s’agit bien de participer à cet effort de transmission d’un patrimoine essentiellement oral. Mais l’âne, en prélevant certains éléments du récit de la chanson, en fait la matrice de péripéties extérieures à ce récit premier dont on peut tirer un apprentissage : on ne mange pas n’importe quel champignon dans la forêt, les escargots rentrent dans leur coquille lorsqu’ils ont peur, etc. Cette tentative didactique, un peu abrupte, apparaît comme une volonté ludique d’élargir l’univers de la chanson tout en se raccrochant à celui de l’enfant. « Pour Meunier, tu dors, j’étais très handicapé par le scénario : c’est très beau, un personnage muet dans une histoire, ici parce qu’il dort. On est d’ailleurs ainsi attentif au moindre geste de ce meunier. Il dort, alors même qu’il a une responsabilité. Le vent va tout démolir, mais son travail ne le préoccupe pas. Le sujet est très intéressant, mais ça laisse un personnage tout seul. Je me suis alors demandé si les enfants, lorsqu’ils ont de la farine dans les mains, comprennent que celle-ci vient du blé. Le lien entre le travail du meunier et la farine s’est perdu. Je trouvais donc drôle que l’âne ne s’intéresse pas au travail du meunier mais directement à son résultat : il prenait la farine et faisait des crêpes. On participait à un récit épicurien : quand une roue tourne, simplement pour nous rappeler que la vie passe vite, que ce meunier a certainement des raisons de dormir, et que nous sommes pris dans ce tourbillon … Et bien Carpe Diem ! Mangeons des crêpes ! Mais, si l’on comprend bien la fébrilité de l’âne, et la passivité du meunier, je ne suis pas sûr que la relation entre ces deux récits en parallèle fonctionne bien. Il est peut-être surprenant de voir cet âne réaliser avec brio de la pâte à crêpes, alors que dans les autres films il ne fait rien d’aussi abouti.»
> Du même auteur :
La Petite Vendeuse de Soleil (2002)
Djibril Mambety Diop
Dir. Marie Diagne
Sujet : Un Film > La Petite Vendeuse de Soleil
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