Le Kid


Moyenne des votes : ![]()
| 0 | vote | |
| 0 | vote | |
| 0 | vote | |
| 0 | vote |
Votre vote : -
Description de l'ouvrage :
Commençons par une curiosité : pourquoi les génériques du Kid appellent-ils le personnage interprété par Charles Spencer Chaplin, « le vagabond » ? Dans ce film, le héros principal a pourtant un domicile suffisamment identifié pour qu’un médecin ou des représentants d’institution puissent s’y rendre. Par ailleurs, il exerce un métier dont il possède l’attirail ; certes son savoir-faire est insuffisant (il barbouille de mastic les vitres qu’il remplace) et sa déontologie douteuse (il fait d’abord casser les carreaux par son petit acolyte avant de venir proposer ses services), mais il est clairement vitrier, fût-il un piètre artisan. Un lieu de résidence, un métier, voilà qui s’oppose à la notion de vagabondage.
En fait, très longtemps, jusqu’aux Temps modernes (1935), le dernier film où son personnage est muet même si le film est parlant, le héros incarné par Chaplin s’appelle le plus souvent ainsi. Pourtant, dans The Vagabond (1916), il incarne « un violoniste », dans Charlot fait une cure (The Cure, 1917), « un gentleman éthylique », ou dans un film qui précède de peu Le Kid, Une idylle aux champs (1919), « l’employé en vacances », etc. Voilà une incohérence qui aide à prendre de la distance avec certaines interventions qui ne sont pas toujours le fait du réalisateur : il en va de même pour les affiches, qui, pour intéressantes qu’elles soient, n’apprennent pas grand-chose sur la conception du film qu’aurait le cinéaste puisqu’il ne les choisit pas lui-même. Gageons que Chaplin fait exception sur ce point : considéré, de son vivant même, comme le plus grand cinéaste de tous les temps, il disposait d’une liberté d’action dont très peu de cinéastes ont pu se targuer.
Alors, va pour « vagabond », d’autant plus que dans Le Kid, Charlie Chaplin reprend l’intégralité de la panoplie de ses personnages du muet, petit chapeau plus ou moins cabossé, vêtements proches de la guenille, godillots et canne. La continuité et l’identification avec les précédents rôles de Charlot se font au premier coup d’œil : on retrouve ici un paramètre majeur du personnage que Chaplin lui-même appelait « le petit homme », la pauvreté, celle qui fait ramasser les mégots des autres et s’en contenter en guise de cigarette. En revanche, il faut bien constater que le rapport au métier de vitrier disparaît bien vite dans le film (comme dans tant de fictions où, une fois la profession d’un personnage sommairement caractérisée, on n’en parle plus).
Voir le site internet de l'éditeur Les Enfants de cinéma
Voir la fiche de Le Kid (1921) sur le site IMDB ...
> Livres ayant un titre identique ou proche :
> Du même auteur :
Chantons sous la pluie (2003)
Gene Kelly, Stanley Donen
Dir. Carole Desbarats
Sujet : Un Film > Chantons sous la pluie
Les Vacances de Monsieur Hulot (2001)
de Jacques Tati
Sujet : Un Film > Les Vacances de Monsieur Hulot
La Raison en feu (1999)
ou la fascination du cinéma pour la folie
Dir. Carole Desbarats
Sujet : Sociologie
Atom Egoyan (1993)
de Carole Desbarats, Jacinto Lageira, Danièle Rivière et Paul Virilio
Sujet : Réalisateur > Atom Egoyan
> Sur un thème proche :
Les Lumières de la ville (2017)
Analyse d'une œuvre
de Laurent Jullier et Jean-Marc Leveratto
Sujet : Un Film > Les Lumières de la ville
(*) Les boutons « Acheter chez Amazon.fr », « Commander sur Fnac.com » & « Rakuten » sont des liens affiliés. Le gestionnaire de ce site reçoit une petite commission lorsque vous achetez un livre après avoir cliqué sur le bouton. Ces (petites) commissions sont les seuls revenus de ce site qui ne contient aucune publicité, aucune insertion (ou mise en avant) payante.