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« Marguerite Duras, une jouissance à en mourir »

Couverture du livre Marguerite Duras, une jouissance à en mourir par Olympia Alberti

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de Olympia Alberti

Type
Biographies
Sujet
RéalisateurMarguerite Duras
Mots Clés
Marguerite Duras, écrivain, réalisateur
Année d'édition
2014
Editeur
Le Passeur
Collection
Dans la peau de
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Broché • 165 pages • 16,50 €
14 x 20,5 cm
Egalement disponible en format eBook.
ISBN
978-2-36890-097-0
Appréciation
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Description de l'ouvrage :
"Je souhaite à toutes les lectrices, tous les lecteurs de "Marguerite Duras, une jouissance à en mourir" autant d'humilité et de joie à le lire, autant d'émerveillement à comprendre le secret qu'elle découvre à la fin de cette journée d'octobre, que j'en ai éprouvé à écrire ce livre respectueux de la vérité, qui me permet aujourd'hui d'être dans le bonheur, pour avoir réglé une jolie dette de gratitude." Olympia Alberti.

Description de l'ouvrage :
Vingt-deux ans après une lecture transie de Moderato cantabile, Olympia Alberti reçoit un coup de fil de Marguerite Duras. Leur rencontre débouchera sur une longue amitié. «C'est elle qui parle, mais c'est moi qui écris» : se mettre dans la peau de Marguerite Duras, c'était pour Olympia Alberti un défi, une joie et la chance de tenter de combler une dette de gratitude. L'histoire ? Lors d'une longue journée d'automne, dans son appartement de la rue Saint-Benoît, Marguerite Duras revoit toute sa vie, des instants fondateurs aux tragédies, s'acheminant, au fil des souvenirs et des introspections, vers une grâce emplie d'amour et d'espoir. Ce récit romancé nous fait découvrir à quel point Duras a pu être, au cours de sa vie, «exténuée de désir», pour un homme, pour l'écriture ou pour la vie. Une multitude de questions englouties dans la jouissance se démêlent ainsi à travers l'écriture, celle de Duras et celle d'Alberti. Dans ce roman intimiste, O. Alberti révèle ce qui a fait la vie et l'oeuvre d'une des plus grandes figures littéraires du xxe siècle en lui rendant un bel hommage. Olympia Alberti, qui vit à Nice, a publié plus d'une trentaine d'ouvrages (romans, poèmes, nouvelles, essais, biographies...). Elle a notamment reçu un prix de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre poétique, le prix Thyde Monnier de la SGDL pour Rilke, sans domicile fixe, et le prix Émile Faguet de l'Académie française pour Giono, le grand western. Parmi ses derniers ouvrages, citons Le Royaume de sa nuit. Mère Teresa, le récit d'une vie (First, 2010), L'Amour dans l'âme, le journal disparu d'Etty Hillesum (Presses de la Renaissance, 2011) et L'Or perdu de la joie (Salvator, 2012).

Extrait :
«Petite pute à quinze ans et alcoolique, je n'ai pas le profil.» Sa tête, quand elle lui a répondu l'évidence, sa stupeur, il était charmant - son nom lui échappait, ça lui reviendrait. Forcément - comment répondre à une question pareille, l'Académie ? Elle qui avait tant risqué, toujours, et encore. Il avait dit qu'il avait lu le Barrage, et le dernier pourtant, L'Amant. Lui parler de l'Académie française, à elle - le petit frère devait en rire, là où il était. Impensable. Mais pour connaître ce qu'avait été sa vie, il fallait lire, vraiment lire. Relire, qui sait ? Il fallait faire de la place à l'autre, il fallait aimer. Pleine d'années et d'âge, maintenant, elle savait que ce qui départageait ses lecteurs, c'était ça : ceux qui avaient aimé, et les autres. Pas seulement les lecteurs, les gens. Tout le monde, partout, dans toutes les contrées de la terre. (Cette notion de totalité l'avait toujours fascinée, comme l'unicité qu'elle pressentait, exacte, puissante, infranchissable.) Irréfragable.
Vivante, elle était. Pourtant on était enterrée avant d'être morte, en littérature. Célèbre, et inconnue. Déformée par des mots incompris, des jalousies, les médiocrités de ceux qui parlent et ne savent pas lire. Célèbre maintenant, depuis L'Amant - comme si lui était avec elle pour toujours, gardien depuis si loin et si longtemps, de cet amour arrêté. Mais inscrit dans l'histoire.
[Pour la première fois, la voix s'alentit, insiste, met l'oreille de l'être qui lit en alerte.]
Il ne l'avait jamais quittée, puisqu'il lui avait téléphoné, et dans la voix de son appel, il y avait maintenant plus d'une vingtaine d'années - mais c'était là, immobile, en suspens, intact, à jamais intouché d'une quelconque limite - elle avait entendu ce miracle d'amour, qu'il ne l'avait jamais oubliée, je voulais seulement entendre votre voix, jamais désaimée - mais ceux qui parlaient d'elle trop souvent ne la connaissaient pas. Ne l'aimaient pas. Qu'est-ce qu'ils disaient ? Trop subjective ? Trop narcissique ? Trop féministe ? Trop politique ? Trop tout, finalement ! Tant mieux... ça la réjouissait. La photo des pingouins, punaisée au mur de sa chambre, quand elle l'avait montrée à O., la surprise dans ses yeux et son rire, leurs rires unis.
- Ce sont les lecteurs de L'Amant...
Ceux qui croyaient pouvoir juger, ceux qui critiquaient, parlaient et lisaient mal prenaient de la place. Bavardaient, avant de lire. Blasés, ils étaient, vieux, usés, sans joie. Pas assez d'humilité, pas assez d'émerveillement dans leur approche des textes, ces étoffes dont ils ne savaient rien. Des femmes la lisaient, la rencontraient dans sa parole, et savaient de ce savoir sans orgueil, ancien et insu d'elles, savaient qui elle était. Parce qu'elles avaient eu des tissus dans les mains, des familles à nourrir, élever, habiller, des coupons à coudre, des torchons, des nappes, des serviettes pour sécher les enfants, après la plage. Les femmes étaient la lumière du monde. Avec les enfants.

Voir le site internet de l'éditeur Le Passeur

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Nota : Un livre sur fond légèrement grisé est un livre qui n'est plus actuellement édité ou qui peut être difficile à trouver en librairie. Le prix mentionné est celui de l'ouvrage à sa sortie, le prix sur le marché de l'occasion peut être très différent.

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