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« Marguerite Duras »

La traversée d'un siècle

Couverture du livre Marguerite Duras par Alain Vircondelet

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de Alain Vircondelet

Type
Biographies
Sujet
RéalisateurMarguerite Duras
Mots Clés
Marguerite Duras, écrivain
Année d'édition
2013
Editeur
Plon
Collection
(hors collection)
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Relié • 428 pages • 21,90 €
15,5 x 23,5 cm
Egalement disponible en format eBook.
ISBN
978-2-259-22182-5
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Description de l'ouvrage :
D'où vient la fascination qu'exercent encore la vie et l'œuvre de Marguerite Duras ? Née en 1914 dans l'Indochine coloniale, elle traverse le siècle au cœur de ses turbulences, de la trouble période de l'occupation aux mouvements ultra-gauchistes de l'après 68, en passant par le communisme. Partout et toujours, elle porte la parole de la révolte, scandaleuse par la violence de ses engagements et de ses passions. Mais la vie de Marguerite Duras ne peut se concevoir détachée de ce qui la tient justement en vie : l'œuvre inlassablement recommencée, comme si le poids d'un destin exigeant la condamnait aux dangers de l'écriture. En recomposant cette existence, unique matériau de l'œuvre, Alain Vircondelet nous permet de saisir la dimension douloureuse et l'absolue nécessité de la création d'un grand écrivain, tout en nous menant au plus près du secret de son écriture.

Biographie de l'auteur :
Universitaire et écrivain, Alain Vircondelet est surtout connu pour son oeuvre biographique traduite dans le monde entier. Considéré comme « un des meilleurs biographes de sa génération » (Paris-Match), on lui doit notamment les biographies de Saint-Exupéry, Albert Camus, Blaise Pascal, Rimbaud, Balthus, et beaucoup d'autres figures de la littérature et de la spiritualité, à commencer par Marguerite Duras dont il a écrit la toute première biographie qu'il complète aujourd'hui pour les éditions Plon. Il a publié récemment Albert Camus, fils d'Alger, prix Méditerranée de l'essai (Fayard, 2010), Saint-Exupéry. Histoires d'une vie (Flammarion, 2012) et Des amours de légende (Plon, 2013).

Extrait :
Extrait de l'avant-propos

De toutes les biographies que j'ai pu écrire, celle que j'ai consacrée à Marguerite Duras m'a paru la plus difficile, la plus douloureuse mais aussi la plus exaltante à accomplir. À quoi donc attribuer la difficulté d'une telle entreprise à laquelle se sont aussi heurtés tous ceux qui, après moi, ont tenté de retracer sa vie ? Duras elle-même, si experte dans l'analyse des puits de l'âme, dans ses silences, dans ces blocs de solitude auxquels elle s'affronte, énonce clairement l'«impossible» travail : «Je n'ai, écrit-elle, aucune possibilité d'apercevoir clairement ce qu'on appelle ainsi : sa vie. Seule la pensée de la mort me rassemble, ou l'amour de cet homme, et de mon enfant. J'ai toujours vécu comme si je n'avais aucune possibilité de me rapprocher d'un modèle quelconque de l'existence.» De quoi pourrait alors être tissée une juste, sinon idéale, biographie de Duras ? À quels fils secrets pourrait-elle être liée pour atteindre à sa vérité profonde puisqu'il s'agit bien de cela, du moins dans ce que j'ai toujours considéré comme l'art de la biographie : rejoindre les secrets de l'être, dans leur foyer brûlant, «remonter jusqu'à eux», comme elle le disait, les repérer, étincelant par intermittence comme des étoiles, dans la nuit profonde. Si écrire une biographie de qui que ce soit n'est pas seulement aligner des faits historiques ou bien se contenter de la relation annoncée d'une chronologie, mais bien autre chose de plus complexe, cela est a fortiori encore plus vrai pour Marguerite Duras.
Certes, il faudra bien en passer par là, par l'inévitable canevas : l'Indochine coloniale, le désastre familial, l'amant chinois, le retour en France et l'enfance à Duras, en Lot-et-Garonne, la vie avec Robert Antelme, la Résistance, le travail ambigu à la Commission de contrôle du papier, la déportation d'Antelme, le long compagnonnage avec Dionys Mascolo, l'adhésion au parti communiste français et la démission, le bel amant Gérard Jarlot, l'initiation à l'alcool, les succès fulgurants du Barrage contre le Pacifique et de ceux qui suivirent, des romans d'amour qu'elle dédaigna longtemps, la maison de Neauphle-le-Château, la guerre d'Algérie, le Groupe de la rue Saint-Benoît, l'achat de l'appartement à Trouville, la traversée du désert, Mai 68, son engagement féministe, sa vie avec Yann Andréa, son rapport à l'homosexualité, l'arrivée de la gauche en 1981, l'aventure du cinéma, et les livres, toujours les livres jusqu'à la fin, la solitude ultime et la légende après sa mort... Voilà le matériel biographique de tous ceux qui s'attachent à accomplir une Vie de Marguerite Duras. Mais est-ce suffisant ? N'utiliser qu'eux et seulement eux, n'est-ce pas le pire contresens ? De toujours, Duras a compris que tout était doutes, portes fermées et obscures «forêts», ainsi qu'elle nomme sa vie, des carrefours et des noeuds qui la croisent et l'encombrent Seuls les livres qu'elle écrira et les films qui poursuivent à leur manière l'insondable mystère à déchiffrer pourront espérer lui faire atteindre à l'or, à la beauté du monde et des mondes. Puisque «de ce vide, dit-elle, qu'on découvre un jour d'adolescence, rien ne peut faire qu'il n'ait jamais eu lieu», puisque de l'amour, elle découvre qu'aucun au monde «ne peut tenir lieu de l'amour», puisque de tout temps, elle n'aura «jamais rien fait que d'attendre devant la porte fermée», les livres seuls seront les échos de cette vie, aléatoire, fragmentée, déchirée. Et trouée. Les livres et leur contrepoint, la musique. Des sonates surtout de Bach, de Schubert, de Vivaldi, de Diabelli, des mélodies de Carlos d'Alessio, comme des traces d'une avancée dans la nuit, au bout de laquelle pourrait enfin surgir l'éclat de l'or : «une aube, Dieu, peut-être», comme s'achève le texte de L'Amour. Des livres et de la musique tels des rassembleurs pour parvenir à l'harmonie originelle.
À ceux qui s'intéressent à sa vie, elle prévient : «L'histoire de votre vie, de ma vie, elle n'existe pas ou bien alors, il s'agit de lexicologie. Le roman de ma vie, de nos vies, oui, mais pas l'histoire. C'est dans la reprise des temps par l'imaginaire que le souffle est rendu à la vie.» N'y a-t-il pas là plus belle piste et meilleur conseil qui puissent être donnés à un biographe ? Car de quoi s'agit-il en vérité dans l'entreprise biographique ? De mettre en scène une vie, d'en faire un reality show, ou bien d'avancer à l'aveugle dans la nuit des doutes et des souffrances, seul moyen de rejoindre le souffle d'une vie, ses mouvements internes ? C'est pourquoi les livres de Duras sont peut-être les uniques matériaux d'une biographie, les seules clés de sa vraie vie. Mieux encore : Duras propose un singulier traitement à son biographe éventuel : «J'aimerais qu'on se mette à écrire sur moi comme moi j'écris. Ce serait un livre où il y aurait tout à la fois»...

Voir le site internet de l'éditeur Plon

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