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« Le Corsaire rouge »

de Robert Siodmak

Couverture du livre Le Corsaire rouge par Michel Marie

Rakuten/PriceMinister

de Michel Marie

Type
Etudes
Sujet
Un FilmLe Corsaire rouge
Mots Clés
Robert Siodmak
Année d'édition
2001 (épuisé ou diffusion restreinte)
Editeur
Les Enfants de cinéma
Collection
Cahier de notes sur...
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Broché • 28 pages • ? €
19 x 27 cm
ISBN
-
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Description de l'ouvrage :
Dès le premier plan, le personnage mythique, le Corsaire rouge, doublé de la star, Burt Lancaster, s’adresse au public droit dans les yeux : « Larguez les vergues, envoyez toute la voilure ! Venez autour de
moi ! Vous tous, approchez, vous êtes embarqués pour le dernier voyage du Corsaire rouge, un long voyage autour des îles Caraïbes ! Mais rappelez-vous: sur un bateau de piraterie, dans des eaux de piraterie, dans un monde de pirates, ne posez pas de questions, ne croyez que ce que vous voyez…» Puis, après que le même plan a été projeté à l’envers et que le corsaire est revenu sur la vergue d’où il s’était envolé : « Non, ne croyez que la moitié de ce que vous voyez… Un homme, au cabestan ! Levez l’ancre ! Plus vite ! » Et le récit commence.

Un double récit
Le Corsaire rouge, bizarrement titré ainsi, par pudibonderie morale, pour la version française alors que l’original américain parle de Pirate cramoisi (The Crimson Pirate) est un double récit, mêlant à la fois les conventions du film d’aventures maritimes avec voiliers somptueux, grande figuration, scènes d’abordages et personnages sanguinaires, et parodiant ces mêmes conventions par une avalanche de gags et des prouesses délibérément hors du commun. Il joue sur la crédulité du public, sa confiance un peu aveugle et sa faculté d’émerveillement, sur l’enfant qui sommeille en tout spectateur de cinéma venu voir un film pour qu’on lui raconte une histoire merveilleuse. Mais dans le même temps, le film se moque un peu gentiment de cette naïveté en la tournant en dérision par des détails ironiques (un pirate patibulaire essuie une larme avec un crochet) et par le recours à la comédie acrobatique où les deux héros, tels des enfants jouant aux pirates, seuls contre tous, sont supérieurs à leurs ennemis même si ceux-ci sont cent fois plus nombreux et incomparablement mieux armés. Les méchants Espagnols et les comparses pirates s’entretuent à longueur de film, mais ce sont des adversaires qui restent bien inoffensifs. On ne meurt presque pas dans les scènes d’abordage les plus sauvages, et malgré le Technicolor, le sang ne gicle pour ainsi dire jamais. Bien sûr, le vilain baron Gruda s’écrase sur le pont en perdant l’équilibre, mais il disparaît dans le hors-champ des voiles. Siodmak et Lancaster épargnent aux regards sensibles l’image traumatisante du corps écrasé.

Un vrai film de pirates
Le Corsaire rouge reste d’abord un vrai film de pirates et non un film burlesque comme une aventure des Monty Python sur un bateau de corsaires. Le film suit un schéma narratif assez traditionnel au départ, identique à celui de La Flèche et le Flambeau et à bien des films d’aventures historiques: un individu indépendant, le héros – ici le Corsaire rouge, dédoublé par son faire-valoir, le muet Ojo – se met au service de la collectivité (les insurgés de l’île de Cobra) pour assurer la victoire du peuple. Mais le film abonde en rebondissements inattendus, en renversements de situation (Vallo ne domine plus les règles du jeu et se fait destituer par Bellows, lui-même victime de la ruse du baron Gruda) et en surprenantes pirouettes, à l’image des acrobaties du personnage principal. Les traces de ce récit historique à la coloration anticolonialiste sont encore présentes dans le portrait du baron Gruda, émissaire sanguinaire et cruel du roi d’Espagne (il torture les insurgés, notamment Pablo Murphy) et plus encore dans celui des deux gouverneurs des îles de Cobra et de San Piero ; l’un est un vieillard sénile qui ne désire que réprimer les manifestations populaires avec la plus extrême sauvagerie, et pour son simple plaisir, l’autre est un bouffon facilement bernable, caricature de Louis-Philippe, entouré d’une cour d’aristocrates tous plus ridicules les uns que les autres. Les militaires de San Piero, dont l’un est un sosie de Napoléon, sont des idiots qui obéissent immédiatement aux ordres du faux baron Gruda et s’entretuent ; la cour est composée pour l’essentiel de vieilles coquettes qui ne s’intéressent qu’à la garde-robe de la reine-mère d’Espagne et s’émerveillent des tours de passe-passe qu’effectue le faux comte Ojo pendant qu’il leur subtilise leurs bijoux.

Voir le site internet de l'éditeur Les Enfants de cinéma

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