MENU   

Jour de fête

Sous la direction de

Type
Etudes
Sujet
Un Film
Mots Clés
Jacques Tati
Année d'édition
Editeur
Les Enfants de cinéma
Collection
Cahier de notes sur...
Langue
français
Taille d'un livre de poche 11x18cmTaille relative de ce livreTaille d'un grand livre (29x22cm)
Taille du livre
Format
Broché40 pages
19 x 27 cm
ISBN
-
Appréciation
pas d'appréciation (0 vote)

Moyenne des votes : pas d'appréciation

0 vote 1 étoile = On peut s'en passer
0 vote 2 étoiles = Bon livre
0 vote 3 étoiles = Excellent livre
0 vote 4 étoiles = Unique / une référence

Votre vote : -

Signaler des informations incorrectes ou incomplètes

Description de l'ouvrage :
« J’avais été requis par les Allemands en 43, et puis je m’étais évadé, et j’étais allé me réfugier au Marembert, qui est situé à six kilomètres de Sainte-Sévère. Là j’ai été surpris, parce qu’il y avait la guerre, mais on avait l’impression qu’à l’intérieur même de Sainte-Sévère, on ne s’en apercevait pas du tout. C’est quand même formidable de voir des gens qui savent vivre. J’ai pensé que si un jour je faisais un film, je viendrais le tourner
là. » Trois ans plus tard, Jacques Tati réalisait ce souhait ; après avoir fait semblant d’en chercher les extérieurs dans le Midi, il finirait par tourner L’École des facteurs presque entièrement dans le sud du département de l’Indre, dans ce qu’il n’était pas besoin alors d’appeler « France profonde », parce que cette profondeur (ou profondité) était banale. Tati filme aussitôt après un conflit armé qui a marqué durablement l’histoire de l’Occident, et par contre-coup, l’histoire du monde ; il filme en un moment où les affrontements, pour avoir changé de nature et redéfini autrement les camps, restent violents. Moins brutalement peut-être que dans l’Italie, qui se divise alors entre sa moitié communiste et sa moitié chrétienne, la politique en France connaît pourtant un clivage analogue. Ily a les défenseurs de l’ordre démocratique et libéral, et les tenants d’un ordre nouveau, qui attendent le grand soir ; la presse de 1946 – parce qu’elle est alors le média le plus immédiatement proche de l’actualité politique – est ostensiblement scindée, presse communiste contre presse impérialiste (il n’est jusqu’aux illustrés pour enfants qui le reflètent, avec l’opposition quasi militante entre par exemple le christianisme conquérant de Tintin et l’humanisme marxiste de Vaillant). De la défense de l’Empire, il ne reste dans Jour de fête qu’une trace, marginale et généralement inaperçue, sous la forme d’une affiche qui, dans le bureau de poste de Sainte-Sévère-sur-Indre, annonce discrètement : « Au service de l’Union française » (encore peut-il s’agir d’une union postale). Quant au grand soir, c’en est bien une version, mais absolument carnavalesque, qui est donnée : les rapports sociaux sont redéfinis, le temps de la fête, mais comme dans une parenthèse acceptée et une fois pour toutes réglée. Tati le dit bien : ce qui lui a plu à Sainte-Sévère, ce qui l’a intéressé, c’est précisément qu’il s’agit d’un endroit hors du temps, hors de l’époque et hors de l’histoire, d’un coin de France, et rien d’autre (après tout, le facteur s’appelle exactement François, et même « Françoués »). La France rurale du milieu du vingtième siècle est prodigieusement attardée : c’est ce dont se souvient quiconque a séjourné à la campagne en ces années-là (pas d’eau courante, pas de tout-à-l’égout, pas toujours l’électricité, jamais de téléphone évidemment). Un pays pas très riche, qui en outre sort de la guerre, où par conséquent les gens sont encore maigres, plutôt mal nourris (les grandes grèves de 1946 à 48 n’arrangèrent rien, ce fut par moments une pénurie pire que celle du temps de guerre). Les paysans y labourent avec un unique cheval, y moissonnent avec d’antiques instruments de bois, fourches et râteaux rudimentaires, à force de bras. Jour de fête ne parle pas de tout cela, mais il l’enregistre avec le reste ; les gestes des paysans que fugitivement l’on aperçoit, avant et juste après la fête, sont les vrais gestes qu’accomplissaient journellement des familles qu’il fallait nombreuses pour avoir des bras (ces bras dont, dans les discours des ministres, manquait l’agriculture) ; les tracteurs sont absents, et seul le forain en possède un – ce qui dès le premier plan le distingue et dit déjà que la fête est une greffe toute provisoire sur le corps rural.

Le pays de l’innocence
Ce pays « où les gens savent vivre », et où – c’est le sens de la remarque de Tati – ils savent vivre parce qu’ils échappent aux vicissitudes du temps, c’est donc le pays où perdure en dépit de tout un certain état d’innocence. Le pays où se déroule la fête est un pays inexistant au milieu de nulle part, habité par des êtres qui n’ont pas d’histoire, et par conséquent pas d’âge…

Voir le

Voir la fiche de Jour de fête (1949) sur le site IMDB ...

> Du même auteur :

Tarkovski, Solaris, 1972:voyage au bout de soi-même

(2023)

voyage au bout de soi-même

de

Sujet : Un Film >

Comment pensent les films:Apologie du filmique

(2021)

Apologie du filmique

de

Sujet :

Doublures du visible : Voir et ne pas voir en cinéma

(2021)

Voir et ne pas voir en cinéma

de

Sujet :

Esthétique du film:125 ans de théorie et de cinéma

(2021)

125 ans de théorie et de cinéma

de , , et

Sujet :

L'Image:Peinture, photographie, cinéma : des origines au numérique

(2020)

Peinture, photographie, cinéma : des origines au numérique

de

Sujet :

Fictions filmiques : comment (et pourquoi) le cinéma raconte des histoires

(2018)

comment (et pourquoi) le cinéma raconte des histoires

de

Sujet :

2 x 2  : 'Hélas pour moi', 'Nouvelle vague' : Godard

(2018)

'Hélas pour moi', 'Nouvelle vague' : Godard

de

Sujet : Un Film > ,

Esthétique du film:120 ans de théorie et de cinéma

(2016)

120 ans de théorie et de cinéma

de , , et

Sujet :

Le Montage:La seule invention du cinéma

(2015)

La seule invention du cinéma

de

Sujet :

Limites de la fiction:Considérations actuelles sur l'état du cinéma

(2014)

Considérations actuelles sur l'état du cinéma

de

Sujet :

La Rencontre au cinéma:Au cinéma, toujours l'inattendu arrive

(2007)

Au cinéma, toujours l'inattendu arrive

Dir.

Sujet :

Moderne ?: Comment le cinéma est devenu le plus singulier des arts

(2007)

Comment le cinéma est devenu le plus singulier des arts

de

Sujet :

Ingmar Bergman: Mes films sont l'explication de mes images

(2003)

Mes films sont l'explication de mes images

de

Sujet : Réalisateur >

Le Septième Art:Le cinéma parmi les arts

(2003)

Le cinéma parmi les arts

Dir.

Sujet :

La différence des sexes est-elle visible ?:Les hommes et les femmes au cinéma

(2000)

Les hommes et les femmes au cinéma

Dir.

Sujet :

Amnésies: Fictions du cinéma d'après Jean-Luc Godard

(1999)

Fictions du cinéma d'après Jean-Luc Godard

de

Sujet :

Jean Epstein:Cinéaste, poète, philosophe

(1998)

Cinéaste, poète, philosophe

Dir.

Sujet : Réalisateur >

Pour un cinéma comparé:Influences et répétitions

(1996)

Influences et répétitions

Dir.

Sujet :

L'Invention de la figure humaine:Le cinéma, l'humain et l'inhumain

(1995)

Le cinéma, l'humain et l'inhumain

Dir.

Sujet :

L'Œil interminable:Cinéma et peinture

(1995)

Cinéma et peinture

de

Sujet : Technique >

L'Œil interminable:Cinéma et peinture

(1989)

Cinéma et peinture

de

Sujet : Technique >

> Sur un thème proche :

(*) Les boutons « Acheter chez Amazon.fr », « Commander sur Fnac.com » & « Rakuten » sont des liens affiliés. Le gestionnaire de ce site reçoit une petite commission lorsque vous achetez un livre après avoir cliqué sur le bouton. Ces (petites) commissions sont les seuls revenus de ce site qui ne contient aucune publicité, aucune insertion (ou mise en avant) payante.

25495 livres recensés   •   (c)2014-2026 livres-cinema.info   •  
Les livres en anglais sont sur www.cinemabooks.info